Le Palace, toute une histoire…
Le bâtiment qui abrite le cinéma Palace est un véritable fleuron du patrimoine bruxellois. Il a traversé plus d’un siècle avant de retrouver sa vocation première : abriter un complexe de divertissement. Aujourd’hui, le bâtiment conserve l’esprit et les codes de l’Art nouveau. Petit zoom sur une grande histoire.
Si vous désirez plus d’informations sur la rénovation du lieu, voicinous vous invitons à lire la vision d’Alain Richard, dont l’atelier d’architecture a été chargé de la rénovation du Palace.
1881
Œuvre d’Albert Dumont, l’Hôtel des Ventes de la Ville de Bruxelles sort de terre sur une parcelle en forme de « Y » qui abritera plus tard le Pathé Palace. Il présente une façade « riche », qui a pignon sur le boulevard Anspach, et deux façades « retenues », qui donnent sur les rues Van Praet et Borgval.
1913
Pionnier de la distribution cinématographique, Charles Pathé commande à Paul Hamesse un complexe de divertissement polyvalent sur le modèle des théâtres à l’italienne. Disciple de Paul Hankar, l’architecte dessine alors « le plus grand cinéma de la ville » (2.500 places), qui restera longtemps gravé dans la mémoire de la société bruxelloise pour l’opulence de son décor.
1926
La société Pathé Frères souhaite convertir ce « Grand Palais d’Attractions » en cinéma moderne. L’architecte Gustave Hubrecht transforme le rez-de-chaussée de la grande salle : une partie du parterre est surélevée afin d’optimiser le confort de vision du public et le café mauresque est divisé en loges cloisonnées.
1929
Avec l’arrivée du cinéma parlant, on ajoute des haut-parleurs à l’arrière des écrans. Les fosses, qui accueillaient l’orchestre au temps du muet, sont remplacées par des rangées de sièges supplémentaires et les murs des salles se couvrent de matériaux chargés d’améliorer l’acoustique.
1950
La société Pathé Frères charge l’architecte Rie Haan de moderniser les salles « à l’italienne » du Palace. Démolis pour la plupart, les éléments de décoration d’origine font place à des zones de passage plus fluides. Seuls quelques vestiges de 1913 subsistent, à l’abri des regards, dont le foyer Hamesse.
1952
Dans le cadre d’une autre mission, Rie Haan transforme une partie du lieu en commerces et logements pour le compte de la société Het Brussels Tehuis.
1973
Le cinéma ferme. L’installation d’un showroom Bauknecht dans le vestibule de l’aile Anspach en 1976 porte un coup terrible à l’image des lieux. On y implante une mezzanine, qui engendre la destruction des doubles volées basses d’escaliers. Des parkings sont aménagés à la place du parterre de la grande salle et le rez-de-chaussée de la façade Anspach est affublé d’un habillage métallique.
1994
Le Pathé Palace Café (PP Café) ouvre ses portes au rez-de-chaussée de la rue Van Praet. La décoration du bistrot puise de façon évidente dans le style de Paul Hamesse : les colonnes sont ornées de copies des têtes dorées du foyer Anspach, les murs et plafonds accueillent moulures et décorations picturales reproduites à l’identique, des banquettes du même foyer sont récupérées et recyclées.
1997
Les trois façades et le foyer Hamesse sont classés par la Commission royale des Monuments et Sites.
1998
Après 41 ans d’affectation détournée, l’édifice retrouve enfin sa vocation première grâce au projet Kladaradatsch ! La grande salle de cinéma des années 1950 est divisée en trois. Les vestiges du plafond de 1913 qui subsistaient disparaissent pour laisser place à un nouveau caisson, qui garantit une acoustique supérieure et une meilleure résistance au feu. L’architecte Joël Claisse conduit la restauration à l’identique du foyer Hamesse et de sa galerie.
2001
La Communauté française rachète le bâtiment. L’architecte Olivier Bastin y installe un équipement scénographique adapté, qui permettra au Théâtre National de Belgique d’y prendre ses quartiers jusqu’à fin 2004, en attendant l’inauguration de son nouveau site, Boulevard Emile Jacqmain.
2003
La Communauté française lance un appel à manifestation d’intérêt pour la réaffectation du lieu en cinéma d’art et essai « mettant en valeur le cinéma de la Communauté française de Belgique et le cinéma européen en général ».
2004
C’est l’asbl Le Palace qui remporte l’appel à projet, portée par plusieurs acteurs et actrices importants du cinéma belge : Luc et Jean-Pierre Dardenne (Les Films du Fleuve), Patrick Quinet (Artémis Productions), Eliane Du Bois et Stephan De Potter (Cinéart-Cinélibre), Nicole La Bouverie (Zénab). Au programme : cinéma d’art et essai belge et européen, activités éducatives et grands événements.
2006
La Communauté française approuve la convention de mise à disposition gratuite du bâtiment et le contrat-programme qui engage l’asbl Le Palace à favoriser l’accès de toutes et tous à la culture. C’est l’atelier d’architecture Alain Richard qui est élu pour mener à bien cette ambitieuse réhabilitation. Un seul mot d’ordre : intermodalité. Au vu de la complexité du projet, la date de démarrage du chantier n’est pas programmée avant mi-2009.
2012
Les transformations et occupations successives du bâtiment ont fini par générer une suite d’espaces déstructurés. Pour restaurer toute la cohérence que ce lieu emblématique mérite, Alain Richard choisit de « créer du vide » autour des éléments existants et d’introduire la lumière naturelle au cœur du complexe. Son challenge se concrétise en novembre 2012 avec le début des travaux.
2018
Après cinq années de rénovation, le cinéma Palace fait peau neuve. Quatre salles « dernier cri », un restaurant et de nombreux espaces à vocation multiculturelle dévoilent leur identité au grand public : celle d’un complexe de divertissement axé autour de la découverte, de l’éducation et de la tolérance. Entrez, nous sommes ravi·e·s de vous accueillir.